Un très beau mot.
Dans le cadre de la campagne pour promouvoir la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (23 avril), le porte-parole Samuel Archibald a écrit ce qui suit.
Concernant la Journée mondiale du livre, plusieurs bibliothèques et librairies de partout mettrons de l’avant Le grand bazar « Sortez vos livres ». Vous pouvez lire le communiqué ici.
Mot du porte-parole de la JMLDA Samuel Archibald
J’ai attrapé la lecture comme on attrape la grippe, en traînant dans les courants d’air.
Toutes les maisons de mon enfance étaient pleines de livres et toutes les femmes de ma vie, à commencer par ma mère, ont été de grandes lectrices. J’ai attrapé Achille Talon, Lucky Luke et les Rubriques-à-brac chez ma grand-mère paternelle, qui avait conservé telle quelle la bibliothèque aux milles trésors de l’ancienne chambre des garçons. J’ai attrapé Henri Charrière, Patricia Highsmith et John Irving dans les piles de livres que s’échangeaient ma mère et ma tante Lisa. J’ai attrapé les Américains dans le sous-sol de mes grands-parents maternels, où les paperbacks jaunis s’étalaient par centaines : Hemingway, Steinbeck et Faulkner, mais aussi David Goodis et Mickey Spillane, romans de bruit et de fureur dans lesquels mon grand-père a appris son anglais après la guerre. J’ai attrapé Dostoïevski et Anne Hébert dans un gros sac de livres que ma grand-tante Laurence m’a donné quand elle a appris qu’elle était malade.
Personne là-dedans ne m’a chanté de grandes chansons sur les joies de la lecture et la magie du livre. Ils ont fait confiance à l’attrait austère ou racoleur des pages couvertures et à ma curiosité d’enfant. Dans les maisons toujours bien rangées du temps de ma jeunesse, les livres à l’abandon ne comptaient pas pour du désordre.
C’est probablement pour ça que j’aime autant l’idée d’un grand bazar pour sortir nos livres. J’ai attrapé la lecture très jeune, moins comme un virus que comme un vaccin, inoculé contre la solitude et la morosité des jours de pluie. C’est un remède que je transmets depuis, en laissant des livres traîner partout. Dans ma maison, évidemment, mais aussi dans les métros et dans les trains, sur les bancs de parc et en visite chez les amis.
C’est ça la vraie beauté des livres.
Qu’on les offre ou qu’on les ouvre, on ne sait jamais ce qu’on va recevoir en retour.
D’ailleurs, si vous n’avez pas lu Arvida encore, ce livre en vaut la peine.


